Publié le 3 Février 2025

Civil War (Alex Garland, 2024)

Dans un futur proche, les États-Unis sont déchirés par une violente guerre civile, qui voit deux camps s'affronter, les morts s'accumuler, et le chaos gagner une bonne partie du territoire. Un groupe de journalistes décide de partir jusqu'à Washington D.C. pour interviewer le Président – tant qu'il est encore là. Dans la voiture de la célèbre photographe Lee Smith (Kirsten Dunst) et de son camarade Joel (Wagner Moura), on trouve également le vétéran Sammy (Stephen McKinley Henderson) et la jeune Jessie (Cailee Spaeny).

Et c'est un très bon film. La politique de cette guerre civile est un peu laissée à l'arrière-plan, ce qui n'est pas très grave : les personnages sont des (photo)journalistes, des observateurs, ils regardent sans intervenir, et d'une certaine façon le spectateur se retrouve dans la même position. Il ne s'agit pas pour autant d'être à distance : Alex Garland (Ex Machina, Annihilation) reste près de ses personnages, et on se réjouit et flippe avec eux (on flippe, surtout). Iels sont très bien portés à l'écran par des acteur·ices formidables.
La photo, les lumières, les cadres, bref toute l'image est très belle, ce qui est la moindre des choses pour un film qui met en avant le regard photographique. C'est très bien rythmé, avec des moments d'action trépidante, des moments de pause, ou de suspension – parfois même les deux s’entremêlent, comme dans cette fusillade au milieu d'un décor de Noël.
On peut bien évidemment voir dans ce film de nombreux liens avec notre monde contemporain, et honnêtement c'est un peu angoissant.

EDIT: bon finalement en poussant un peu plus l'analyse, c'est un peu gênant de laisser à ce point la politique de côté, comme l'explique très bien Bolchegeek.

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Publié le 2 Février 2025

Camille (Nathalie Baye) a connu des jours meilleurs. Actrice un peu célèbre, elle a perdu la garde de ses deux enfants (Vincent et Gaëlle) et ne les voit qu'un week-end sur deux – ce qui leur convient manifestement très bien. Alors qu'elle les emmène à un gala de charité où elle est invitée, elle décide de poursuivre sa route avec eux, afin d'aller voir la pluie de météorites dont son fils rêve. Les enfants n'en semblent pas forcément réjouis – et le père encore moins, qui se lance à leur poursuite.

C'est le premier film de Nicole Garcia, bien avant L'Adversaire. S'il n'est peut-être pas inoubliable, il reste intéressant, touchant et sensible. C'est un beau portrait de femme, même s'il est parfois un peu surjoué par Nathalie Baye. La réalisation est plutôt sobre, mais intelligente et efficace.
O. me faisait remarquer que ce film inverse les représentations de genre : il n'est vraiment pas fréquent de croiser une femme paumée, séparée de ses enfants, qui n'en a pas la garde, qui décide de les enlever d'une façon maladroite, et qui ne sait même pas de quand datent les derniers vaccins des enfants.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 31 Janvier 2025

Ce film est largement basé sur l'histoire de Jean-Claude Romand (ici appelé Jean-Marc Faure), qui a prétendu travailler pour l'OMS pendant 18 ans, mentant à tout le monde et arnaquant sa belle-famille, avant de finir par tuer femme, enfants et parents.

J'avais vu ce film il y a une éternité, alors que j'étais en résidence à Barcelone (il reste encore des traces de mon blog de l'époque, même si la mise en page a complètement sauté). Je suis aujourd'hui encore frappé par la forme du film, façon puzzle : on navigue entre plusieurs époques, on passe de l'avant à l'après, sans que les choses soient explicites. Ce n'est que vers la fin que le tableau complet apparaît, et prend tout son sens. Il n'y a rien d'extraordinaire, mais c'est une façon intelligente et singulière de se pencher sur un fait divers – d'apporter un regard personnel sur cette affaire. Je ne sais pas à quel point cette chronologie est tirée du livre d'Emmanuel Carrère, sur lequel s'appuie le film.
La photo est belle, la réalisation soignée, le travail du son intéressant (tous ces bruits de voitures, quand Jean-Marc Faure s'ennuie sur des parkings ou des aires d'autoroute). C'est un très bon film, qui donne envie de voir les autres films réalisés par Nicole Garcia.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 30 Janvier 2025

 Farallon Islands (Abby Geni, 2017)

Miranda est photographe, elle a voyagé dans le monde entier pour ramener des images de la nature. Elle a choisi de partir en auto-résidence un an sur les îles Farallon, au large de la Californie : un archipel sauvage et hostile, habité à l'année par des biologistes qui étudient requins, baleines, phoques, éléphants de mer ou goélands.

C'est un roman âpre, sans doute à l'image des îles qui servent de décor. Tout y est hostile, agressif, la nature qui cherche à vous tuer, les biologistes qui ne sont pas toustes sympathiques… Il faut d'ailleurs mentionner (tant pis pour le spoil) qu'il y a un viol dans ce récit ; si cet évènement n'est pas le centre du livre il en occupe une certaine place. Mais c'est aussi un lieu fascinant, et on comprend pourquoi Miranda (et également Abby Geni ?) choisit d'y passer du temps.
Le roman est construit sur une forme épistolaire : Miranda écrit des lettres à sa mère morte quand elle était adolescente ; ces lettres lui servent de journal intime, et constituent le seul lien réellement intime qu'elle entretient avec ses congénères.
Je crois que ma lecture s'est calquée sur le parcours de Miranda : fasciné au début, rebuté ensuite, pas mécontent de le quitter, en sachant qu'il m'en restera quelques belles images.

 Farallon Islands (Abby Geni, 2017)

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Publié le 27 Janvier 2025

Driss (Omar Sy), un jeune Noir venu d'une banlieue pauvre, se retrouve à s'occuper de Philippe (François Cluzet), un riche tétraplégique. Deux mondes différents, deux façons d'aborder la vie, deux univers.

J'avoue que j'ai du mal à avoir un avis sur ce film, parce qu'il est (encore aujourd'hui) mangé par le succès qu'il a eu. Je crois quand même que c'est un bon film : les acteurs sont bien ; le scénario bien mené, même si on est rarement surpris ; c'est filmé sans prétention mais sans maladresse non plus ; on rit souvent. C'est sympathique mais probablement pas inoubliable, comme Nos jours heureux. On retrouve également, malheureusement, le même male gaze et les mêmes blagues sexistes et homophobes.

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Publié le 19 Janvier 2025

La vie d'Hervé en 3e : ses potes, la masturbation, les filles, la masturbation, les cours, la masturbation, sa mère (et la masturbation).

J'étais allé voir ce film deux fois au cinéma, en me marrant comme une baleine à chaque fois. Et je l'ai revu plusieurs fois depuis, et je me marre toujours autant.

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Publié le 15 Janvier 2025

Ce court essai commence par un constat un peu effrayant et terrifiant sur l'état de l'extrême droite en France. En quelques mots : c'est la merde. L'analyse, précise et documentée, se découpe en deux parties : « le danger qui vient » (définir l'extrême droite, la question de la violence) et « la bataille culturelle » (médiatique, sémantique, numérique).
J'avoue que cette première partie à été un peu difficile à lire pour moi, parce que j'entends déjà beaucoup parler de l'extrême droite (sur les réseaux, dans les médias), et que même si c'est pour la combattre, je crois que je sature un peu de l'omniprésence de l'extrême droite. Pour autant rien à reprocher au travail de Salomé Saqué, qui est rigoureux, précis et d'une grande justesse.

La dernière partie traite de l'idée de résistance du titre : « le poison de l'indifférence » ; « en finir avec la neutralité » ; « le savoir est un pouvoir » ; « retrouver l'unité et créer du lien » ; « être créatif.es dans la résistance » (et cultiver la joie).
C'est un sacré programme que nous a concocté l'autrice ; il est à mon avis très juste, mais on a du pain sur la planche…

C'est un final un livre court mais important ; qui malgré tout, malgré les pistes proposées, malgré la combativité de Salomé Saqué, me laisse un peu désemparé face à la vague qui nous menace.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #essai, #France